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Vous souvenez-vous de cette image choquante de tracteurs indiens dans la broussaille qui a été largement diffusée, et fait couler beaucoup d’encre et de salive ? Elle avait été prise en cachette à Ebolowa, non loin du site du comice en 2012 par une équipe de l’ACDIC, puis publiée. D’où sortaient ces tracteurs ? Comment est-on arrivé à cette situation déplorable? Tout commence en 2006, quand le gouvernement indien fait don au Cameroun de 60 tracteurs de marque Sonalika aux fins des tests d'adaptabilité agro écologiques.

Le but recherché étant d'implanter une chaine de montage des tracteurs de cette marque au Cameroun si les tests s'avéraient concluants.

Malheureusement, des tests, il n'y en aura pas qui soit réalisé dans les règles de l'art. La faute à la mauvaise utilisation des tracteurs qui ont été gracieusement distribués aux hauts cadres de l'administration sans aucun protocole d'essai. L'ACDIC ayant eu vent du dossier, alerta l'opinion sur ces faits de détournement avéré de la part des hautes autorités politiques, administratives et gouvernementales. Pour calmer les esprits, les pouvoirs publics passèrent outre les tests et engagèrent les négociations pour l'implantation de l'usine au Cameroun. A l'approche du comice agropastoral d'Ebolowa, les politiques rivalisent d'idées pour trouver un fait majeur dont le chef de l'Etat fera l'annonce lors du comice agropastoral prévu en janvier 2011. L'implantation de l'usine de montage à Ebolowa est tout trouvée pour le Ministère de l'économie et de la planification qui conclut l'accord avec le gouvernement indien à la barbe du Ministère de l'agriculture et du développement rural (Minader), dont la mécanisation agricole entre dans les prérogatives.

La date de l'ouverture du comice approche à grand pas. On n'a ni le temps d'une étude de faisabilité de l'implantation du l'usine à Ebolowa, ni celui d'engager avec le Minader une réflexion sur le mode d'utilisation des tracteurs. L'essentiel est l'inauguration de l'usine par le chef de l'Etat pendant le comice. Pour rien au monde, l'opération ne doit échouer.

Mille tracteurs et divers accessoires sont commandés et doivent être rapidement livrés. Dans les trois semaines de délai de transport par bateau, le terrain est trouvé, le dédommagement des populations est négocié, la construction des bâtiments de l'usine s'accélère. Les premiers conteneurs de tracteurs arriveront à temps. On les monte dans une usine où le gros des travaux reste à faire.

Le jour J, les apparences seront sauvés. L'usine est inaugurée à grand coup de publicité et tout le monde voit le Cameroun entrer de plein pied dans l'ère de la mécanisation agricole. Le chef de l'Etat en rajoutera dans son discours en annonçant la venue de l'heureuse époque.

Alors que les lampions du comice s'éteignaient, personne ne s'imaginait que le mal camerounais rattrapera vite cette usine au point où, voici bientôt un an et demi que les premiers tracteurs ont été montés, aucun d'eux n'à ni foulé le sol d'un champ agricole, ni fait le lit d'une semence. Pire, les conditions de parcage de ces engins sont, c'est le moins qu'on puisse dire, SCANDALEUSES.

Des tracteurs neufs dans des herbes, l'image est saisissante et révoltante. On en vient à se demander si ceux qui parlent de mécanisation de l'agriculture y croient vraiment. Si oui comment expliquer qu'aucun tracteur voire une motopompe n'ait été remis à un des paysans lauréats lors du comice ? Comment expliquer que les pouvoirs publics tiennent les tracteurs comme une patate chaude entre les mains ?

L’ACDIC l’a dit et le dira toujours :

- Que la mécanisation à tout vent est une mauvaise solution au vrai problème de l'archaïsme de l'outillage agricole au Cameroun

- Que la gestion d'un projet technico-économique n'est pas du ressort de l'Etat.

- Que 97% de producteurs qui fournissent 95% du vivrier consommé au Cameroun sont des petits producteurs à qui le tracteur est inaccessible.

- Qu'avec un tracteur, on n'augmente pas la productivité, mais la production. Or nous sommes tous d'accord, la banque mondiale avec, qu'il s'agit d'augmenter la productivité des exploitations familiales

- Que sans possibilité d'utilisation en commun du matériel, à l'instar des CUMA (Coopérative d'Utilisation du Matériel Agricole), la mécanisation est inopportune car ruineuse pour un agriculteur isolé.

- Que le choix d'Ebolowa ne répond à aucun critère qui détermine l'implantation d'une usine: L'accès à la matière première, l'accès à la source d'énergie, le marché. Une usine de montage à Ebolowa renchérit le coût du tracteur par le transport du matériel du port de Douala à 450 km vers Ebolowa et le tracteur d'Ebolowa vers les zones d'utilisation. De plus, le Sud n'est pas une zone de mécanisation agricole par excellence.

 

L’Association citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs est une organisation majeure de la société civile créée en 2003. C’est une association apolitique, non confessionnelle, non tribale, à but non lucratif. Elle fait essentiellement dans le plaidoyer et lobbying avec pour vision et objectif de promouvoir une société à environnement socioéconomique plus sain, équitable, transparent et porteur de rapports constructifs, positifs et sauvegardant les intérêts de tous et de chacun.

ACDIC infos

Prix des denrées sur les marchés

25 Septembre - 01 Octobre 2017

Denrées
huile raffinée (litre) : 1100 FCFA
huile de palme (litre) : 800 FCFA
plantain (régime moyen) : 3800 FCFA
Macabo (kg) : 285 FCFA
Pomme de terre : 250 FCFA
Igname blanc : 420 FCFA
Patate : 200 FCFA
Manioc : 230 FCFA
Poulet ponte (1.8 kg) : 2700 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 3000 FCFA
Œuf(Alvéole) : 1800 FCFA
Viande de bœuf (kg) : 2800 FCFA
Haricot rouge (kg) : 550 FCFA
Haricot blanc (kg) : 1000 FCFA
Haricot noir (kg) : 580 FCFA
Soja (kg) : 420 FCFA
Arachide (kg) : 410 FCFA
Maïs (kg): 220 FCFA

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