Le marché de volaille et d’œufs  à Yaoundé rouvre ses portes après trois mois de fermeture, par un  arrêté du ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales signé le 23 août 2016. Seulement, le poulet chair prend des ailes, et  l’article 3 ne rassure pas.

Il est de retour, ce temps lointain où le poulet local était un luxe. Il faut compter 3500 frs cfa et plus pour un de moins de 2 kg au lieu de 2500 comme avant le passage de la grippe aviaire. « Il n’y a presque rien dans les fermes. Les éleveurs ont tout bradé pendant la crise » expliquent les vendeurs.  « Et ce n’est que le début de la rareté des produits de ferme» apprend-t-on.  Le mal est bien plus profond, à en croire l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC), montée au créneau pour dénoncer la mauvaise gestion de la crise et défendre les aviculteurs.

Son président, Bernard Njonga n’en veut pour preuve que l’arrêté ouvrant les marchés de volailles, à son article 3 alinéa 1: « Les volailles et leurs produits issus des fermes ayant fait l’objet d’un suivi sanitaire peuvent être autorisés de vente dans les marchés à volaille aménagés et préalablement identifiés par l’autorité administrative »

Il s’interroge : « Pourquoi la modification de cet article par rapport à celui de l'arrêté d'interdiction? Pourquoi n’a-t-on pas pris cette décision pendant la crise pour permettre l’évacuation des produits sains et éviter les pertes  estimées  à des milliards? On parle des fermes ayant fait l’objet d’un suivi sanitaire. De quelles fermes et  de quel suivi s’agit-il d’autant plus qu’il n’existe pas une organisation mise en place par le ministère pour suivre les fermes ? On parle de marchés de volailles aménagés et préablement identifiés par l’autorité administrative. Quelle autorité? Le maire, le Préfet, le sous-préfet ou bien le gouverneur ? Suivie par quelle structure du ministère ? »

L’alinéa 2 non plus ne le rassure. « On dit que les règles d’hygiène, de biosécurité y sont strictement appliquées. Qui maîtrisant les règles d’hygiène de biosécurité est chargé de l’application stricte de cette décision, du contrôle ? Quelle est la responsabilité des acteurs du marché, des vendeurs dans l’application de cette mesure ? Cet  arrêté de manière globale qui n’explicite pas la situation dans les autres départements  ne renforcera-t-il pas la corruption au niveau des agents administratifs déjà accusés de monnayer  la délivrance des certificats sanitaires sans descendre sur le terrain ? Et que dire des contrôles routiers sans compter les faux agents ?»  se demande-t-il.

Se penchant sur l’arrêté du gouverneur de la région du centre qui identifie 10 marchés dans le Mfoundi autorisés à commercialiser les volailles, Bernard Njonga déclare : « Puisque le ministre laisse chaque autorité décider, le gouverneur  du Centre décide que seront vendus uniquement  les produits en provenance des fermes ayant fait l’objet d’un suivi sanitaire. Quand ces marchés ont-ils été aménagés ? Celui de l’Ouest choisit de ne pas autoriser la sortie des produits de la région. »

Autant d’interrogations sans réponses et d’incompréhensions  qui laissent penser l’ingénieur agronome que « le ministre de l’élevage joue à un jeu double. »

Denrées
huile de palme (litre) : 800 FCFA
plantain (régime moyen) : 2600 FCFA
Macabo (kg) : 433 FCFA
Pomme de terre : 270 FCFA
Igname blanc : 500 FCFA
Patate : 217 FCFA
Manioc : 150 FCFA
Poulet ponte (1.8 kg) : 2467 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 2800 FCFA
Œuf(Alvéole) : 1900 FCFA
Viande de bœuf (kg) : 2600 FCFA
Haricot rouge (kg) : 553 FCFA
Haricot blanc (kg) : 667 FCFA
Haricot noir (kg) : 526 FCFA
Soja (kg) : 413 FCFA
Arachide (kg) : 347 FCFA
Maïs (kg): 203 FCFA
 

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