Par JOSE BOVE

Dans le monde de la grande distribution, il y a le Mastodonte américain Wall Mart et le Mammouth Carrefour. Le premier réalise un chiffre d’affaires de 350 milliards de dollars par an. Le second flirte avec les 100 milliards d’euros. Pour ces deux monstres de la grande distribution, le combat est planétaire. Après les USA et l’Europe, ils sont partis à l’assaut du reste du monde.

Ils débutent leur conquête en commençant d’abord par l’Amérique du Sud, puis l’Asie. En Chine les deux géants s’affrontent comme des catcheurs sur un ring. En Inde, Carrefour a dû jeter l’éponge et quitter le pays face à la colère des petits commerçants et des distributeurs locaux.

Dans ce paysage planétaire ou les grandes surfaces poussent comme des champignons, il ne reste plus qu’un continent à conquérir : l’Afrique ! Carrefour a déjà mis le pied en Côte d’Ivoire et souhaite maintenant s’attaquer au Cameroun. C’est le nouveau continent vierge, car en Europe de l’ouest, les grandes surfaces n’ont plus le vent en poupe. Elles ont bien du mal à arracher une maigre augmentation de leur chiffre d’affaire de 0,3 % par an. Les consommateurs se détournent de ce type de consommation standardisée et souhaitent maintenant des circuits courts et recherchent le contact direct avec les paysans.

Loin d’offrir l’opulence aux consommateurs, Carrefour rapporte des profits à ses actionnaires. Et pour y arriver il n’y a pas d’autres solutions que de presser les paysans comme des citrons et de vendre chers aux clients. L’univers mondialisé, aseptisé et climatisé permet de faire passer l’addition. Mais dans son sillage, ce sont des centaines de milliers de paysans qui payent les pots cassés et des dizaines de milliers de petites boutiques qui doivent fermer car elles sont bien entendu incapables de soutenir cette concurrence féroce. Ces géants de la distribution n’hésitent pas à vendre à perte pendant le temps qu’il faut pour mettre les concurrents à genoux. Dans les grandes villes africaines ce sont des milliers d’emplois qui sont menacés. Après avoir laminé les paysans dans les campagnes, les avoir poussés dans les bidonvilles, les priver aujourd’hui des petits boulots de revente les poussera dans la misère la plus sinistre.

Les citoyens camerounais doivent se mobiliser pendant qu’il est encore temps pour empêcher l’arrivée de Carrefour. L’Europe voulait plumer l’Afrique grâce à des morceaux de poulets congelés qu’elle revendait à vils prix. Elle est tombée sur un os au Cameroun avec l’action remarquable de l’ACDIC. Aujourd’hui, Carrefour veut dépouiller le Cameroun avec ses supermarchés mais je suis persuadé qu’une action collective lui mettra des bâtons dans les roues. Je soutiens Bernard Njonga dans cette nouvelle lutte pour la défense des paysans et des commerçants et des habitants de Douala contre l’appétit vorace de Carrefour.

Source: Page Facebook JOSE BOVE

Denrées
huile de palme (litre) : 800 FCFA
plantain (régime moyen) : 2600 FCFA
Macabo (kg) : 433 FCFA
Pomme de terre : 270 FCFA
Igname blanc : 500 FCFA
Patate : 217 FCFA
Manioc : 150 FCFA
Poulet ponte (1.8 kg) : 2467 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 2800 FCFA
Œuf(Alvéole) : 1900 FCFA
Viande de bœuf (kg) : 2600 FCFA
Haricot rouge (kg) : 553 FCFA
Haricot blanc (kg) : 667 FCFA
Haricot noir (kg) : 526 FCFA
Soja (kg) : 413 FCFA
Arachide (kg) : 347 FCFA
Maïs (kg): 203 FCFA
 

Visiteurs