Yaoundé a accueilli le premier symposium sur la valorisation des produits agroalimentaires Made in Africa du 5 au 7 avril 2018. Les réflexions ont débouché sur plusieurs actions à mener autant par les pouvoirs publics que par les acteurs.  

2% des produits locaux présents dans les grandes surfaces de distribution au Cameroun, selon une étude menée par l’Association Citoyenne pour la Défense des Intérêts Collectifs (ACDIC) en mai 2017. Le prétexte est tout trouvé pour une réflexion entre acteurs de l’agroalimentaire.

« Le Made in Africa face à la mondialisation », telle était la problématique centrale du symposium organisé du 05 au 07 avril 2018 à l’université catholique d’Afrique centrale de Yaoundé - Ekounou, avec le parrainage du Ministre du commerce, Luc Magloire MBARGA ATANGANA. Les débats, échanges, et réflexions ont été nourris par l’ensemble des problèmes et propositions de solutions, exprimés par plus de 300 acteurs (agriculteurs, PME et investisseurs, distributeurs, et consommateurs) venus des 10 régions du Cameroun, au cours des ateliers de travail la veille du symposium, le 4 avril.

A leurs dires, on apprendra que le Made in Africa tarde à prendre de l’envol en raison de la très faible production agricole. La conséquence directe est le manque criard de matière première pour la transformation. L’accès difficile au financement, le faible accompagnement des pouvoirs publics, la lourde fiscalité infligée aux investisseurs, en sont des freins majeurs. Sans oublier le faible pouvoir d’achat des consommateurs, contraints de se tourner vers les produits importés moins chers, l’offre étant supérieure à la demande.

Les réflexions, débats et échanges entre les acteurs, experts scientifiques et pouvoirs publics, auront permis de statuer sur les mécanismes de valorisation de la production locale dans les différents circuits de distribution de masse. Entre autre recommandations, on retient la protection des marchés locaux contre la concurrence déloyale, la mise en œuvre des politiques fiscales incitatrices, des stratégies nationales de promotion des produits locaux, l’amélioration d’accès aux financements à intérêts bonifiés et novateurs, l’introduction de l’entrepreneuriat agropastorale dans le système d’éducation, le développement des infrastructures rurales, la labellisation des produits locaux, la promotion de la production locale des emballages, de l’émergence des interprofessions fonctionnelles par maillons des chaînes de valeur.

Les acteurs ont été appelés à plus de responsabilités dans leurs activités, et à intensifier la collaboration avec l’Etat, les institutions de formation et recherches, et entre eux.

Selon le comité d’organisation du symposium (Association Citoyenne de Défense des Intérêts Collectifs, Université Catholique d’Afrique Centrale, Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung), "il y’a de la matière pour conduire un plaidoyer auprès des dépositaires d’enjeux, afin que ces recommandations soient appliquées."

 

Les solutions pour la valorisation du Made in Africa ont été proposées par les acteurs pendant les reflexions et les ateliers de travail 

 

Denrées
huile de palme (litre) : 800 FCFA
plantain (régime moyen) : 3 000 FCFA
Macabo (kg) : 333 FCFA
Pomme de terre : 310 FCFA
Igname blanc : 507 FCFA
Patate : 263 FCFA
Manioc : 150 FCFA
Poulet ponte (1.8 kg) : 2 500 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 3 000 FCFA
Œuf(Alvéole) : 1800 FCFA
Viande de bœuf (kg) : 2 600 FCFA
Haricot rouge (kg) : 560 FCFA
Haricot blanc (kg) : 600 FCFA
Haricot noir (kg) : 507 FCFA
Soja (kg) : 407 FCFA
Arachide (kg) : 400 FCFA
Maïs (kg): 203 FCFA
 

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