Les producteurs, transformateurs, boulangers, chercheurs, étudiants de la FASA de Dschang ont décrit les étapes à franchir pour que le pain aux farines de manioc, patate… fasse désormais partie des habitudes alimentaires des Camerounais. C’était au cours d’un atelier de réflexion coorganisé par ACDIC et MISEREOR à Yaoundé, du 11 au 13 mars 2019. 

 

 

Créer un champ de manioc ou de patate, le labourer à la houe, le dos courbé pendant des jours sous un soleil brûlant, récolter toute la production à la main, toujours le dos courbé, sortir du champ des tubercules lourds de près d’une vingtaine de tonnes sur la tête à se vider de son eau… Du travail de la terre, pas du tout aisé, mais nécessaire en amont pour que l’on puisse manger avec un large sourire un pain croustillant à la farine de manioc, ou un cake moelleux à la farine de patate. A écouter les producteurs de manioc et de patate des départements du Mbéré et de la Vina dans la région de l’Adamaoua décrire les difficultés de leur métier, les transformateurs décrire la peine qu’ils ont à trouver des équipements adaptés de qualité et la matière première, à penser aux milliers d’hectare à cultiver pour assurer le ravitaillement constant d’une usine de production de farine, on se rend très vite compte du gros morceau à croquer qui se cache derrière ce projet assez flatteur de chaîne de valeur des farines locales.

Quelle stratégie pour la mise en œuvre dudit projet?

Les participants à cet atelier de réflexion ont été formels sur les conditions à remplir pour réussir et pérenniser le projet. Des solutions proposées et débattues en plénière en présence des représentants des Ministères du Commerce, de l’Agriculture et du développement rural), ont été formulées des résolutions et recommandations fortes à l’endroit du porteur du projet et des pouvoirs publics. On peut citer entre autres :

  • L’accompagnement (Formation à l’itinéraire technique de production, intrants agricoles) et organisation des agriculteurs et de la production.
  • La mécanisation agricole pour réduire la pénibilité du travail, accroître les superficies et les rendements
  • La mise en place des systèmes d’irrigation (pour la culture de contre saison) et de fertilisation des sols, pour assurer le ravitaillement sans interruption de l’usine.
  • Les pratiques de l’agriculture durable et écologique pour la pérennisation du projet. (Pratiques d’assolement et introduction de culture fourragère au sein des exploitations familiales.)
  • Le plaidoyer auprès du gouvernement pour l’accompagnement des fabricants locaux d’équipements et machines de transformation agroalimentaire adaptés afin de réduire les coûts liés à l’importation des machines, garantir un service après vente de proximité, développer l’expertise locale.
  • La mise en place des systèmes d’approvisionnement permanent en eau et énergie (biogaz, énergie solaire)
  • Le plaidoyer pour l’institutionnalisation de l’incorporation des farines locales panifiables dans la fabrication du pain au Cameroun
  • La mise à disposition constante et permanente des farines de tubercules de qualité répondant aux exigences des boulangers (Couleur, odeur, taux d’humidité, granulométrie recommandés et constants)
  • L’assainissement et régularisation du secteur de la boulangerie (Formation des boulangers à la fabrication du pain enrichi)
  • La création d’une interprofession des farines locales
  • Le développement et approfondissement des activités du projet dans le cadre des sujets de recherches universitaires.
  • L’élaboration d’un guide d’autocontrôle des acteurs de la chaîne
  • La normalisation des produits et des activités pour protéger la filière Farine Locale

L’atelier s’est achevé sur une séance de dégustation du pain et cakes aux farines de 7 variétés de manioc cultivées à Meiganga, incorporés à 15%. 

  

Dégustation du pain et cakes à la farine de manioc

  

  

 

Météo du poulet

Semaine du 10 juin 2019

Denrées
Poulet ponte (1.8 kg) : 2 800 FCFA
Poulet de chair (1.8 kg) : 3 000 FCFA
Soja (kg) : 400 FCFA
Arachide (kg) : 440 FCFA
Maïs (kg): 240 FCFA